Oui, une urne peut être placée dans une tombe ou un caveau de famille déjà existant, à trois conditions : la personne décédée doit avoir le droit d’y reposer, les titulaires de la concession (ou leurs ayants droit) doivent être d’accord, et le maire de la commune du cimetière doit donner son autorisation avant l’opération. Le dépôt d’une urne dans un caveau est traité comme une inhumation. L’urne peut aussi être scellée sur le monument, selon le règlement du cimetière.
Cette page explique qui décide, comment se déroulent les démarches, ce qui limite la place et le nombre d’urnes, comment l’ouverture du caveau et la gravure du nom s’organisent, et ce qu’il est possible de faire lorsque la concession est individuelle, expirée ou complète.
À retenir
- Les cendres peuvent être inhumées dans une sépulture existante, en pleine terre ou dans un caveau (Service-Public, CGCT L. 2223-18-2).
- L’autorisation préalable du maire de la commune du cimetière est requise (CGCT, R. 2213-39) ; elle ne dispense pas de l’accord de la famille titulaire de la concession.
- Le droit d’y reposer dépend de l’acte de concession : individuelle, collective ou familiale.
- Après le décès du fondateur, ses héritiers détiennent la concession en indivision et ne peuvent pas en changer l’affectation.
- Aucune règle nationale ne fixe la taille d’une urne ni le nombre d’urnes par tombe : le règlement du cimetière tranche.
- Les cendres ne se partagent pas : l’urne entière reçoit une seule destination.
Qui a le droit de reposer dans la tombe de famille ?
La réponse figure dans l’acte de concession, c’est-à-dire le contrat passé entre le fondateur et la commune. Service-Public distingue trois formes : la concession individuelle (pour une seule personne), la concession collective (pour des personnes nommées) et la concession familiale (pour le fondateur et sa famille). Le fondateur choisit la forme, et c’est elle qui détermine qui peut y être inhumé, cercueil ou urne.
| Type de concession | Qui peut y reposer | Conséquence pour une urne |
|---|---|---|
| Individuelle | Une personne désignée, à l’exclusion de toute autre | Pas de place pour une autre personne, urne comprise (exemple du règlement de Nanterre) |
| Collective | Les personnes nommées dans l’acte | Seules les personnes nommées peuvent recevoir l’urne |
| Familiale | Le fondateur et sa famille, selon la définition de l’acte et du règlement | L’urne d’un membre de la famille entrant dans cette définition peut être déposée |
Les termes précis varient d’une commune à l’autre. À titre d’exemple, le règlement des cimetières de Nanterre (arrêté AR2019-11) décrit la concession familiale comme celle du concessionnaire et de sa famille (ascendants, descendants en ligne directe, conjoint, conjoints des successeurs en ligne directe), et précise que le fondateur peut, de son vivant, y faire inhumer des personnes étrangères à la famille mais unies à elle par des liens particuliers d’affection. Votre commune peut avoir une définition différente : demandez le règlement du cimetière.
Pour le fonctionnement général des concessions (durées, renouvellement, reprise), voir la page sur la concession funéraire.
Qui doit donner son accord ?
Trois niveaux de décision se superposent, et il faut les distinguer.
- La personne qui pourvoit aux funérailles choisit la destination des cendres, parmi celles que la loi autorise (CGCT, L. 2223-18-2). Elle ne peut pas diviser les cendres : la totalité va au même endroit. Voir la page sur les cendres après une crémation.
- Le concessionnaire, ou ses ayants droit. Tant que le fondateur est en vie, il décide. Après son décès, Service-Public indique que la concession passe à ses héritiers, qui la détiennent ensemble (indivision) et ne peuvent pas changer l’affectation décidée par le fondateur. Un règlement local peut exiger que la demande émane du concessionnaire ou de ses ayants droit : c’est le cas à Corenc (règlement des cimetières approuvé le 31 janvier 2024, article 9) pour placer une urne dans un caveau ou en pleine terre.
- Le maire. Dans un cimetière faisant l’objet de concessions, le placement de l’urne dans une sépulture et son scellement sur un monument funéraire sont soumis à son autorisation préalable (CGCT, R. 2213-39).
En cas de désaccord entre héritiers. Service-Public précise que les litiges entre héritiers relèvent du tribunal judiciaire. Une réponse ministérielle relative à l’ouverture d’un caveau (Assemblée nationale, 13e législature, question n° 7873) rappelle de son côté qu’une administration informée d’un désaccord entre parents du même degré doit refuser l’opération en attendant la décision du juge. Mieux vaut donc réunir l’accord écrit des ayants droit avant de déposer la demande. Cette page ne remplace pas un conseil juridique pour une situation familiale conflictuelle.
Les étapes pour déposer une urne dans une sépulture de famille
Ces étapes sont celles d’une démarche courante. L’ordre et les pièces exactes dépendent de la commune : aucune liste nationale uniforme de justificatifs n’a été identifiée dans les textes consultés.
- Retrouvez l’acte de concession et notez qui en est le titulaire, sa forme (individuelle, collective, familiale), sa durée et son état (en cours ou expirée).
- Demandez le règlement du cimetière à la mairie ou au service des cimetières : il fixe en général les conditions d’accueil des urnes, la place disponible et les travaux autorisés.
- Recueillez l’accord des ayants droit de la concession, de préférence par écrit, surtout si le fondateur est décédé et que plusieurs héritiers sont concernés.
- Choisissez l’urne et vérifiez qu’elle convient à l’emplacement : case du caveau, pleine terre, niche ou scellement sur le monument. L’urne porte une plaque d’identité. Voir la page sur l’urne funéraire.
- Déposez la demande d’autorisation auprès de la mairie de la commune du cimetière, avec l’acte de concession et les pièces demandées sur le lien familial et l’identité du défunt. Les entreprises de pompes funèbres se chargent souvent de la demande d’inhumation pour la famille.
- Convenez de la date de l’opération avec le cimetière et l’opérateur qui ouvre le caveau. L’autorisation doit être obtenue avant l’opération.
- Assistez au dépôt de l’urne, selon les modalités fixées par la commune, puis commandez, si vous le souhaitez, l’inscription du nom (voir plus bas).
Aucun délai national de traitement n’a été identifié. Appelez la mairie dès le début, plutôt qu’au dernier moment.
Place disponible : taille de l’urne, nombre d’urnes, état du caveau
Aucune règle nationale n’impose de dimension à l’urne, ni de nombre maximum d’urnes dans une tombe. Trois éléments entrent en jeu.
- La place réellement disponible. À Corenc, l’article 9 du règlement autorise les urnes à l’intérieur des caveaux « dans la limite de la place disponible » ou en pleine terre, à la demande du concessionnaire ou de ses ayants droit. Un caveau occupé par plusieurs cercueils peut ne plus offrir de place libre.
- Le type d’urne. Une urne prévue pour être scellée ne convient pas à une inhumation en pleine terre, et inversement. À Corenc, l’urne scellée doit être adaptée au scellement ou placée dans une niche prévue sur la pierre tombale.
- L’état de la sépulture. Une dalle ou un caveau dégradés doivent parfois être remis en état avant toute opération. Voir la page sur la tombe affaissée ou dégradée.
Posez trois questions à la mairie : quelle place reste-t-il, combien d’urnes le règlement admet-il, et quelles sont les limites de dimension ? Pour situer les ouvrages, voir les définitions du caveau et de la cavurne.
Ouvrir le caveau, sceller l’urne : qui intervient ?
Le dépôt dans un caveau. Le dépôt d’une urne dans un caveau est assimilé à une inhumation (réponse ministérielle, question n° 7873). Le règlement de Corenc prévoit que l’ouverture d’un caveau traditionnel est faite par l’entrepreneur habilité choisi par la famille, au moins vingt-quatre heures avant l’inhumation, et que l’urne est déposée par les agents funéraires de l’entreprise choisie par la famille. D’autres communes organisent cela autrement : le règlement local fait foi.
Le scellement sur le monument. Le scellement est une autre manière de conserver l’urne (CGCT, L. 2223-18-2) et suit la même autorisation du maire (R. 2213-39). À Nanterre, le règlement le considère comme une inhumation, réservée aux personnes ayant le droit de reposer dans la concession, et le fait réaliser par une entreprise de pompes funèbres habilitée sous le contrôle de la commune. À Corenc, la famille s’engage en outre à garantir la commune contre les dégradations.
Les travaux de marbrerie. Une réponse ministérielle de 2018 (Assemblée nationale, 15e législature, question n° 11925) souligne que les travaux de marbrerie funéraire ne sont pas des prestations soumises à habilitation, alors que les exhumations relèvent de personnels habilités.
Inscrire le nom du défunt sur la tombe
Le nom de la personne dont l’urne vient d’être déposée se grave après l’opération, dans le respect du règlement du cimetière et avec l’accord des titulaires de la concession. La page sur l’inscription sur une tombe et l’épitaphe détaille ce que l’on grave, l’approbation du maire, le modèle de commande au marbrier et des exemples d’épitaphes courtes.
Concession individuelle, expirée ou complète : que faire ?
| Situation | Ce qu’il faut savoir | Pistes |
|---|---|---|
| Concession individuelle | L’acte ne vise qu’une personne | Interroger la mairie ; sinon, une autre sépulture |
| Concession expirée | Le renouvellement se demande à l’échéance ou dans les deux années suivantes (Service-Public) | Renouveler avant d’envisager un dépôt ; voir la page sur la concession |
| Caveau complet | Plus de place libre, ou un règlement qui limite le nombre d’urnes | Une cavurne ou une concession pour urnes, si la commune en propose |
| Désaccord des ayants droit | L’autorisation peut être suspendue | Rechercher un accord ; à défaut, le tribunal judiciaire |
| Commune sans place | Le maire peut refuser une demande de concession pour manque de place (Service-Public) | Autre destination des cendres, ci-dessous |
Quand la sépulture de famille n’est pas possible, les autres destinations légales de l’urne sont le columbarium (case), la cavurne, le jardin du souvenir pour une dispersion, ou le terrain commun, où l’urne peut être inhumée sans acheter de concession (Service-Public). Le CGCT prévoit des espaces concédés pour le dépôt ou l’inhumation d’urnes (L. 2223-13).
Retirer ou déplacer une urne plus tard
Retirer une urne d’un caveau, ou la desceller d’un monument, est assimilé à une exhumation (questions ministérielles n° 7873 et 11925). Dans un site avec concessions, le retrait de l’urne exige l’accord du maire (CGCT, R. 2223-23-3), et la demande émane du plus proche parent du défunt. Voir la définition de l’exhumation. Mieux vaut donc choisir l’emplacement définitif avec soin.
Questions fréquentes
Peut-on mettre les cendres dans la tombe d’un parent sans l’accord de la famille ?
Non, ce n’est pas prudent. Il faut l’autorisation du maire et, selon l’acte de concession, l’accord du titulaire ou des ayants droit. En cas de litige entre héritiers, l’opération peut être suspendue jusqu’à la décision du juge.
Peut-on mettre une urne dans une concession expirée ?
Le renouvellement peut se demander à l’échéance ou dans les deux années qui suivent. Passé ce délai, la commune peut reprendre l’emplacement. Renseignez-vous auprès de la mairie avant toute démarche.
Faut-il une autorisation pour sceller une urne sur une tombe ?
Oui. Le scellement sur un monument funéraire, dans un cimetière avec concessions, est soumis à l’autorisation préalable du maire (CGCT, R. 2213-39).
Peut-on déposer plusieurs urnes dans une même tombe ?
Cela dépend de l’acte de concession, de la place disponible et du règlement du cimetière : aucune limite nationale n’a été identifiée.
Peut-on diviser les cendres entre la tombe de famille et un autre lieu ?
Non. La loi prévoit que la totalité des cendres suit une même destination (CGCT, L. 2223-18-2).
Que faire ensuite ?
- Cendres après une crémation : destinations légales
- Urne funéraire : plaque, types et transport
- Concession funéraire : durée, renouvellement, transmission
- Inscription sur une tombe : épitaphe et règles
- Inhumation : déroulement, délais et règles
Sources
- Service-Public — Crémation (vérifiée le 01/10/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F1558 — consulté le 24/10/2026.
- Service-Public — Concession funéraire : définition et règles — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F31001 — consulté le 24/10/2026.
- Service-Public — Inhumation (vérifiée le 01/10/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F14935 — consulté le 24/10/2026.
- Légifrance — CGCT, article R. 2213-39 (en vigueur depuis le 31/01/2011) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023512820 — consulté le 24/10/2026.
- Légifrance — CGCT, article L. 2223-18-2 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000019983172 — consulté le 24/10/2026.
- Légifrance — CGCT, article L. 2223-13 (en vigueur depuis le 21/12/2008) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000019983205 — consulté le 24/10/2026.
- Légifrance — CGCT, article R. 2223-23-3 (en vigueur depuis le 31/01/2011) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000023508568 — consulté le 24/10/2026.
- Assemblée nationale — Question écrite n° 7873, 13e législature (réponse publiée le 05/02/2008) — https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/13/questions/QANR5L13QE7873 — consulté le 24/10/2026.
- Assemblée nationale — Question écrite n° 11925, 15e législature (réponse publiée le 11/12/2018) — https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/questions/QANR5L15QE11925 — consulté le 24/10/2026.
- Commune de Corenc — Règlement des cimetières (approuvé le 31/01/2024), exemple local — https://www.ville-corenc.fr/wp-content/uploads/2026/07/Livret-reglement-cimetiere-V2026.pdf — consulté le 24/10/2026.
- Ville de Nanterre — Règlement des cimetières (arrêté AR2019-11), exemple local — https://www.nanterre.fr/fileadmin/mediatheque/Catalogue_des_demarches/Demarches_administratives/concession_funeraire/Le-reglement-des-cimetieres.pdf — consulté le 24/10/2026.