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Organiser les obsèques

Garder le corps d'un proche à la maison : durée, conditions et alternatives

Publié le · Sources vérifiées le

Oui, une famille peut garder le corps d’un proche à la maison. Le domicile du défunt ou la résidence d’un membre de sa famille font partie des trois lieux où le corps peut être déposé avant la mise en bière, avec la chambre funéraire. Si le corps doit être déplacé (par exemple depuis un hôpital), le transport doit être achevé dans les 48 heures suivant le décès, avec un opérateur funéraire habilité. Les obsèques ont lieu au plus tard le 14e jour calendaire après le décès, sauf dérogation.

Cette page explique les conditions à réunir, les délais, ce que fait l’opérateur funéraire, les soins facultatifs, le cas d’un décès à l’hôpital et les alternatives, dont la chambre funéraire.

À retenir

  • Le choix du lieu appartient à la famille : domicile, résidence d’un proche ou chambre funéraire. Aucun texte n’impose le transfert en chambre funéraire.
  • Un transport du corps avant mise en bière s’achève dans les 48 heures suivant le décès, sauf dérogation (CGCT, R. 2213-11).
  • Les obsèques ont lieu au moins 24 heures et au plus tard 14 jours calendaires après le décès, hors exceptions (CGCT, R. 2213-33).
  • Une absence d’obstacle médico-légal et d’infection transmissible listée est exigée pour un transport vers le domicile.
  • Les soins de conservation sont facultatifs ; au domicile du défunt, ils se font dans les 36 heures suivant le décès.
  • Les sources consultées ne fixent pas de durée de séjour propre au domicile : elle se règle avec l’opérateur, dans la limite du délai de 14 jours.

Est-ce autorisé de garder un défunt chez soi ?

Oui. Le Code général des collectivités territoriales (CGCT) prévoit que le transport d’un corps avant mise en bière peut avoir lieu vers le domicile du défunt, la résidence d’un membre de sa famille ou une chambre funéraire (article R. 2213-7). Le guide juridique de la direction générale des collectivités locales (DGCL, édition 2026) précise que le dépôt du corps avant mise en bière n’est possible que dans quatre lieux : ces trois-là et la chambre mortuaire d’un établissement de santé.

Après la mise en bière, le cercueil peut aussi être déposé à la résidence du défunt ou d’un proche avant l’inhumation ou la crémation (CGCT, R. 2213-29, selon le même guide), dans le respect des délais.

Une veillée à la maison n’est donc pas interdite. Elle suppose en revanche de respecter quelques conditions, surtout si le corps doit être déplacé.

Combien de temps peut-on garder le corps ?

Trois délais se superposent. Il vaut mieux ne pas les confondre.

Délai Ce qu’il encadre Base
48 heures après le décès Les opérations de transport du corps avant mise en bière doivent être achevées. Il ne s’agit pas d’une durée maximale de séjour à domicile. CGCT, R. 2213-11
36 heures après le décès, prorogeables dans des circonstances particulières Les soins de conservation réalisés au domicile du défunt CGCT, R. 2223-132
14 jours calendaires après le décès Inhumation ou crémation, au plus tôt 24 heures après le décès CGCT, R. 2213-33

Le délai de 48 heures est porté à 72 heures dans un cas précis : le transport vers un établissement de santé pour une autopsie médicale visant à diagnostiquer certaines infections transmissibles (R. 2213-14). Il ne s’applique pas à une veillée ordinaire.

Les sources officielles consultées ne donnent pas de durée maximale de présence du corps au domicile avant la mise en bière. En pratique, le séjour s’inscrit dans l’échéance des obsèques : au plus tard le 14e jour calendaire, jours fériés et dimanches compris. Un préfet peut accorder une dérogation dans des circonstances particulières. En cas d’obstacle médico-légal, le délai de 14 jours court à partir de l’autorisation du procureur de la République.

Le corps doit obligatoirement être mis en bière avant l’inhumation ou la crémation (CGCT, R. 2213-15). L’opérateur funéraire vous indiquera à quel moment cette mise en bière est prévue ; voir mise en bière.

Les conditions à réunir

Pour un transport du corps vers le domicile, l’article R. 2213-8 du CGCT pose quatre conditions :

  1. une demande écrite de la personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles, qui justifie de son état civil et de son domicile ;
  2. un extrait du certificat de décès attestant que le décès ne pose pas de problème médico-légal et que le défunt n’était pas atteint d’une infection transmissible figurant sur la liste de l’article R. 2213-2-1 ;
  3. l’accord du directeur de l’établissement de santé, social ou médico-social où le décès a eu lieu, le cas échéant ;
  4. l’accomplissement préalable de la déclaration de décès en mairie (Code civil, articles 78 à 80). Si la mairie est fermée, ces formalités sont accomplies dès sa réouverture.

À cela s’ajoutent deux points :

  • le transport est précédé d’une déclaration écrite au maire du lieu de dépôt du corps (R. 2213-7) ;
  • le médecin peut s’opposer au transport lorsque l’état du corps ne le permet pas ; il avertit alors la famille par écrit (R. 2213-9).

Si ces conditions ne sont pas remplies, le corps ne peut être transporté qu’après mise en bière (R. 2213-12). Pour comprendre le blocage possible en cas de décès suspect, voir obstacle médico-légal.

Qui fait quoi : le rôle de l’opérateur funéraire

La famille ne transporte pas elle-même le corps. Le transport avant mise en bière relève d’un opérateur funéraire habilité, avec un véhicule réservé aux transports mortuaires (R. 2213-7). Le détail figure dans le guide transport de corps.

Étape Qui s’en charge
Demande écrite de transport La personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles
Déclaration préalable au maire (formulaire Cerfa n° 16048*01) En pratique, l’opérateur funéraire
Transport du corps vers le domicile L’opérateur funéraire habilité
Soins de conservation, s’ils sont demandés Un thanatopracteur diplômé, après déclaration au maire
Mise en bière et fermeture du cercueil L’opérateur funéraire, avec autorisation du maire

Le choix de l’opérateur est libre. Un devis écrit détaillé doit vous être remis avant toute prestation ; voir comment lire et comparer un devis et choisir des pompes funèbres.

Conservation du corps et soins

Les soins de conservation sont facultatifs

La thanatopraxie n’est pas obligatoire en règle générale. Elle exige une déclaration écrite préalable au maire, la volonté écrite du défunt ou la demande de la personne ayant qualité pour pourvoir aux funérailles, et un certificat sans obstacle médico-légal ni infection listée (R. 2213-2-2). À domicile, ces soins ne peuvent intervenir après 36 heures suivant le décès, sauf circonstances particulières (R. 2223-132). Pour le détail, voir thanatopraxie ; une simple toilette mortuaire est une autre prestation.

Fraîcheur de la pièce

Aucune température n’est fixée par les textes que nous avons consultés. La notice d’information officielle sur les prestations funéraires (arrêté du 13 août 2026) mentionne que la conservation peut passer par la location d’un matériel de réfrigération ou la pose de carboglace, à la charge des familles. Demandez à l’opérateur ce qu’il propose et ce qui figure sur le devis.

Si le décès a eu lieu à l’hôpital ou en Ehpad

Il est possible de ramener le corps à la maison. Service Public indique que la famille peut faire transférer le corps vers la chambre mortuaire, une chambre funéraire, ou le domicile du défunt ou d’un proche.

Dans ce cas :

  • le transport doit être achevé dans les 48 heures suivant le décès ;
  • l’accord du directeur de l’établissement est requis, le cas échéant (R. 2213-8) ;
  • le certificat doit attester l’absence d’obstacle médico-légal ;
  • l’opérateur funéraire prépare la déclaration au maire du lieu où se trouve le corps.

Demandez dès que possible à l’établissement quels documents il remet et jusqu’à quand le corps peut rester dans la chambre mortuaire ; voir décès à l’hôpital ou en Ehpad. Si le défunt avait un contrat d’obsèques, Service Public précise que le corps peut rester à domicile jusqu’aux obsèques, sous réserve de son contenu.

Les étapes pour garder le corps à domicile

  1. Faire constater le décès par un professionnel habilité et obtenir le certificat. Voir décès à domicile.
  2. Vérifier l’absence d’obstacle médico-légal sur le certificat. En cas de mort suspecte, le corps est confié à l’institut médico-légal.
  3. Déclarer le décès en mairie, ou le faire faire par l’opérateur avec un mandat. Voir déclaration de décès.
  4. Choisir un opérateur funéraire habilité et lui demander un devis écrit couvrant le transport, la conservation et la mise en bière.
  5. Signer la demande écrite de transport si le corps doit rejoindre le domicile, et laisser l’opérateur adresser la déclaration au maire.
  6. Décider des soins : toilette, soins de conservation ou aucun, selon vos convictions et les volontés du défunt.
  7. Fixer la date de mise en bière et des obsèques, au plus tard 14 jours calendaires après le décès.

Quand préférer la chambre funéraire ?

La chambre funéraire reste une possibilité, jamais une obligation. Elle accueille le corps dans les 48 heures suivant le décès (R. 2223-76) ; ses salons de présentation sont équipés d’un matériel de réfrigération. Elle convient notamment si :

  • la pièce du domicile ne peut pas être isolée, ni gardée fraîche ;
  • la famille est éloignée ou nombreuse, et a besoin d’horaires d’accueil souples ;
  • l’on souhaite être accompagné d’un personnel formé ;
  • le séjour doit se prolonger jusqu’à la date des obsèques.

On peut aussi combiner les deux : veiller le défunt à la maison une première nuit, puis le confier à une chambre funéraire. Les transports successifs sans mise en bière sont admis si le médecin ne s’y oppose pas et si le délai de 48 heures est respecté, selon le guide DGCL. Voir chambre funéraire.

Veiller le défunt à domicile

La veillée n’est pas une obligation légale : c’est un temps de présence choisi par la famille. Voir veillée funèbre pour ses formes et ses lieux. Si les enfants ou des proches fragiles sont présents, un échange préalable avec l’opérateur sur ce qu’ils verront peut aider.

Questions fréquentes

Peut-on garder un défunt à la maison sans passer par les pompes funèbres ?

Non pour le transport : seul un opérateur funéraire habilité peut transporter un corps avant ou après mise en bière. Si le décès a lieu à domicile, le corps est déjà sur place, mais la mise en bière et les formalités d’obsèques passent ensuite par l’opérateur.

Combien de jours peut-on garder un corps à domicile ?

Aucune durée propre au domicile n’a été identifiée dans les sources consultées. L’échéance qui s’impose est celle des obsèques : au plus tard le 14e jour calendaire après le décès, sauf dérogation du préfet.

Faut-il des soins de conservation pour une veillée à la maison ?

Non, ils sont facultatifs en règle générale. S’ils sont demandés, ils doivent avoir lieu dans les 36 heures suivant le décès lorsqu’ils sont réalisés au domicile du défunt.

Peut-on ramener un proche décédé à l’hôpital chez lui ?

Oui, sous conditions : demande écrite, absence d’obstacle médico-légal et d’infection listée, accord du directeur de l’établissement, déclaration de décès faite et transport achevé dans les 48 heures. Le médecin peut s’y opposer si l’état du corps ne le permet pas.

La chambre funéraire est-elle obligatoire ?

Non. Le choix du lieu revient à la famille, entre le domicile, la résidence d’un proche et la chambre funéraire.

Que faire ensuite ?

Sources

  1. Légifrance — CGCT, R. 2213-7 à R. 2213-14 (transport de corps avant mise en bière) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070633/LEGISCTA000006197791/ — consulté le 24/10/2026.
  2. Légifrance — CGCT, R. 2213-33 (délais d’inhumation) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049946142 — consulté le 24/10/2026.
  3. Légifrance — CGCT, R. 2213-2-2 à R. 2213-4 (soins de conservation) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070633/LEGISCTA000006197789/ — consulté le 24/10/2026.
  4. Service Public — Un proche est décédé (mise à jour affichée : vérifié le 01/10/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16507 — consulté le 24/10/2026.
  5. DGCL — Guide juridique relatif à la législation funéraire, édition 2026 — https://www.collectivites-locales.gouv.fr/files/files/Animer%20les%20territoires/Services%20%C3%A0%20la%20population/Guide%20juridique-l%C3%A9gislation%20fun%C3%A9raire26-WEB.pdf — consulté le 24/10/2026.
  6. Légifrance — Arrêté du 13 août 2026 relatif à la notice d’information (transport du corps avant mise en bière) — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000054678253 — consulté le 24/10/2026.