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Condoléances et deuil

Perdre un grand-parent : démarches, droits et soutien

Publié le · Sources vérifiées le

Pour le décès d’un grand-père ou d’une grand-mère, le Code du travail ne prévoit aucun jour de congé : l’article L. 3142-4 ne cite pas les grands-parents. Seule une convention collective ou un accord d’entreprise peut en accorder, et à défaut, l’accord de l’employeur est à demander. Côté succession, un petit-enfant n’hérite en principe pas tant que son père ou sa mère est vivant ; il hérite à la place d’un parent déjà décédé, par ce que la loi appelle la représentation.

Cette page s’adresse à celles et ceux qui perdent un grand-parent, à tout âge. Elle suit l’ordre des questions concrètes : l’absence au travail ou aux cours, qui décide des obsèques, la place des petits-enfants dans la succession, puis le deuil lui-même et les soutiens. Elle décrit des règles générales et ne remplace ni un notaire, ni un juriste, ni un professionnel de santé.

À retenir

  • Aucun congé légal pour le décès d’un grand-parent dans le Code du travail ; une convention collective ou un accord d’entreprise peut en prévoir (Service-Public.fr).
  • Les volontés du défunt priment pour les obsèques ; à défaut, la décision appartient à ses proches, sans ordre fixé par la fiche de Service-Public.fr.
  • Un petit-enfant hérite par représentation si son parent est décédé avant le grand-parent (Code civil, articles 751 à 755).
  • Hériter n’oblige pas à accepter : chaque héritier peut accepter, accepter à concurrence de l’actif net ou renoncer.
  • Ce deuil est réel quel que soit l’âge, et il n’existe pas de durée normale. Une écoute gratuite existe, ainsi que le dispositif MonSoutienPsy dès 3 ans.

Quelle absence au travail ou en cours ?

Ce que dit la loi pour un salarié du privé

L’article L. 3142-4 du Code du travail liste les décès qui ouvrent droit à des jours de congé : le conjoint, le partenaire de Pacs, le concubin, les parents, les beaux-parents, les frères et sœurs, les enfants. Les grands-parents n’y figurent pas, pas plus que les petits-enfants. Service-Public.fr confirme que, pour les autres membres de la famille, la loi ne prévoit aucun jour, mais qu’une convention collective ou un accord d’entreprise peut en accorder, par exemple un jour pour un grand-parent.

Le tableau ci-dessous résume les démarches à envisager, de la plus simple à la plus formelle.

Piste Ce qu’elle suppose
Convention collective ou accord d’entreprise Le texte applicable peut accorder des jours pour un grand-parent. Service-Public.fr propose un simulateur pour connaître la convention de son entreprise ; le service des ressources humaines peut aussi répondre.
Accord de l’employeur Sans texte, la loi ne l’oblige pas à accorder de jours ; il peut en convenir autrement avec vous.
Congés payés ou jour de récupération Ils se posent selon les règles habituelles de l’entreprise, à demander à l’employeur.
Avis du médecin Si le deuil s’accompagne d’une souffrance qui empêche de travailler, un médecin peut apprécier la situation.

Si vous avez organisé vous-même les obsèques ou vécu auprès de ce grand-parent, vous pouvez le préciser à l’employeur. Le détail du décompte des jours, de la fonction publique et des conventions figure dans la page congé pour décès et congé de deuil.

Dans la fonction publique

La fiche de Service-Public.fr sur les autorisations d’absence pour décès (vérifiée le 31 mars 2026) ne mentionne pas les grands-parents. Elle indique que, pour d’autres proches, une autorisation peut être accordée selon l’employeur, et conseille de se renseigner auprès du service des ressources humaines.

Pour un lycéen ou un étudiant

Aucune des sources officielles ouvertes pour cette page ne fixe un droit à un jour d’absence pour le décès d’un grand-parent. Le plus simple est de prévenir l’établissement, de joindre au besoin un justificatif et de demander à la scolarité ou à l’administration ce qu’elle accepte. Un étudiant qui ressent une détresse peut aussi appeler le 3040, numéro d’écoute sur le mal-être des étudiants cité par Service-Public.fr.

Qui décide des obsèques d’un grand-parent ?

Service-Public.fr (fiche vérifiée le 1er octobre 2026) pose deux règles simples.

  1. D’abord les volontés du défunt. Si votre grand-parent a exprimé ses souhaits (oralement, par testament ou par un contrat obsèques), les proches doivent les respecter. Les formes possibles sont détaillées dans la page volontés funéraires.
  2. Sinon, les proches décident. La fiche indique que la décision appartient aux proches, sans fixer d’ordre entre eux.

Un petit-enfant fait partie des proches, mais la fiche ne désigne aucun rang entre le conjoint, les enfants, les petits-enfants ou les autres membres de la famille. Le plus simple est que les proches en parlent ensemble et choisissent qui signe le devis. Si la famille n’est pas d’accord, le tribunal judiciaire du lieu du décès peut être saisi et statue dans les 24 heures, sans avocat obligatoire.

Qui paie, et dans quelles limites, est un autre sujet, traité dans qui paie les frais d’obsèques. Avant de signer un devis, il vaut mieux s’y reporter.

La place des petits-enfants dans la succession

Pourquoi un petit-enfant n’hérite pas toujours

Sans testament, la loi classe les héritiers en quatre ordres, et chacun exclut les suivants (Service-Public.fr, fiche vérifiée le 16 juin 2026). Le premier ordre est celui des enfants du défunt et de leurs descendants. Pour un grand-parent, cela signifie que ses enfants viennent en premier. Un petit-enfant dont le père ou la mère est vivant n’hérite donc pas, en principe, à sa place.

La représentation : hériter à la place d’un parent décédé

Si un enfant du défunt est décédé avant lui, ses propres enfants peuvent recueillir sa part. Le Code civil appelle cela la représentation : elle appelle à la succession les représentants aux droits du représenté (article 751). Dans la ligne directe descendante, elle a lieu à l’infini (article 752), si bien que les arrière-petits-enfants peuvent aussi être concernés. L’article 754 prévoit en outre des cas où l’on peut représenter un héritier qui a renoncé ; la situation se discute avec un notaire.

Voici un exemple, à lire comme une illustration et non comme un calcul pour votre cas. Un grand-père veuf, sans testament, a deux enfants : l’un est vivant, l’autre est décédé et avait lui-même deux enfants. Les deux petits-enfants se partagent, à parts égales, la part qu’aurait eue leur parent décédé. L’enfant vivant garde la sienne.

Situation du petit-enfant Hérite-t-il ?
Son parent, enfant du défunt, est vivant et accepte En principe non : le parent vient avant lui
Son parent est décédé avant le grand-parent Oui, par représentation de ce parent
Son parent a renoncé à la succession À discuter avec un notaire (article 754 du Code civil)
Le défunt a laissé un testament ou une donation Les dispositions prévues peuvent changer la répartition

Un conjoint survivant, un testament, une donation ou une assurance vie modifient les parts. Ces cas ne sont pas détaillés ici. Pour l’ordre des héritiers et les trois options de chaque héritier (accepter, accepter à concurrence de l’actif net, renoncer), voir la page succession : héritiers et étapes. Le rôle du notaire est expliqué dans notaire et succession.

Et si le grand-parent n’a laissé que peu de choses ?

Il arrive qu’une succession ne comprenne presque rien, ou surtout des dettes. Hériter ne force pas à accepter : l’héritier choisit. Les délais et les conséquences figurent dans la page renoncer à une succession.

Un deuil réel, quel que soit l’âge

Un grand-parent est souvent la première personne dont on perd la présence, parfois une figure de l’enfance. Pourtant, l’attention de l’entourage va souvent d’abord au conjoint et aux enfants du défunt, et un petit-enfant peut avoir le sentiment que son chagrin passe au second plan. Ce chagrin a toute sa place.

Quelques situations possibles, qui ne sont ni des règles ni des étapes :

  • Les derniers moments : ne pas avoir pu être présent, ou ne pas avoir dit certaines choses, peut laisser des regrets.
  • Soutenir ses parents : voir son père ou sa mère endeuillé change les rôles, et on peut se sentir tenu de rester fort.
  • La distance : habiter loin, ou ne plus voir ce grand-parent depuis longtemps, n’empêche pas le chagrin.
  • Le rappel d’autres pertes : un décès peut faire revenir des deuils plus anciens.

Il n’existe pas de durée normale du deuil, comme l’explique la page Le deuil : repères et ressources, et vous pouvez demander de l’aide dès que vous en ressentez le besoin.

Accompagner un enfant ou un adolescent

Un enfant ou un adolescent peut être très proche de son grand-parent, ou n’avoir connu qu’une présence plus lointaine. Dans les deux cas, ses questions méritent des réponses simples et vraies. Les parents trouveront des repères pour annoncer le décès, décider d’une présence aux obsèques, repérer les réactions possibles et savoir quand demander l’aide d’un professionnel dans le guide accompagner un enfant ou un adolescent en deuil.

Pour un adolescent, deux points particuliers :

  • Lui laisser le choix, sans l’obliger, de venir aux obsèques, de dire quelques mots ou de garder un objet.
  • Rester disponible sans forcer la conversation : certains jeunes préfèrent parler plus tard, ou à quelqu’un d’autre que leurs parents.

Où trouver du soutien ?

Ressource Ce qu’elle propose Conditions (consultées le 23/10/2026)
Empreintes Plateforme d’écoute nationale pour les personnes endeuillées 01 42 38 08 08, du lundi au vendredi, horaires variables selon les jours (site). Écoute gratuite, hors prix de l’appel
MonSoutienPsy (Assurance maladie) Jusqu’à 12 séances par an avec un psychologue partenaire, dès 3 ans, pour une souffrance psychique légère à modérée 50 € la séance, remboursée à 60 % par l’Assurance maladie, le reste pouvant être couvert par la complémentaire ; sans ordonnance. Exclusions pour risque suicidaire, troubles sévères ou suivi psychiatrique (ameli.fr, page du 16 septembre 2026)
3040 Écoute pour le mal-être des étudiants Lundi au samedi, horaires variables selon la région (Service-Public.fr)
3114 Prévention du suicide, pour la personne en détresse comme pour ses proches 24 h sur 24, gratuit (Service-Public.fr)
15 ou 112 Urgence médicale ou danger immédiat Gratuits

Les modalités peuvent évoluer : vérifiez les horaires et les conditions sur le site de chaque organisme avant d’appeler. D’autres ressources d’écoute sont présentées dans Le deuil : repères et ressources.

Questions fréquentes

Y a-t-il un congé pour le décès d’un grand-père ou d’une grand-mère ?

Pas au titre du Code du travail : l’article L. 3142-4 ne cite pas les grands-parents. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut accorder des jours, par exemple un jour pour un grand-parent (Service-Public.fr). Le service des ressources humaines indique ce qui s’applique.

Mon employeur peut-il refuser que je m’absente pour les obsèques ?

Sans texte conventionnel, la loi ne l’oblige pas à accorder un congé pour ce décès. Il peut toutefois en convenir autrement avec vous. Mieux vaut le prévenir tôt, remettre l’acte de décès s’il le demande et présenter la situation simplement.

Un petit-enfant hérite-t-il de son grand-père ou de sa grand-mère ?

Sans testament, les enfants du défunt viennent avant leurs propres enfants. Un petit-enfant hérite en principe si son parent est décédé avant le grand-parent, par représentation (Code civil, articles 751 à 755). Un testament, un conjoint survivant ou une donation peuvent changer le résultat ; un notaire peut confirmer.

Qui décide des obsèques d’un grand-parent ?

D’abord le défunt, s’il a exprimé des volontés. Sinon, la décision appartient à ses proches, sans ordre fixé par la fiche de Service-Public.fr. En cas de désaccord, le tribunal judiciaire du lieu du décès statue dans les 24 heures.

Comment aider un adolescent qui vient de perdre un grand-parent ?

En lui disant clairement ce qui s’est passé, en lui laissant le choix de participer aux obsèques et en restant disponible, sans forcer la parole. S’il semble très en difficulté, ses parents peuvent en parler à un médecin ou à un psychologue ; l’Assurance maladie propose le dispositif MonSoutienPsy dès 3 ans.

Que faire ensuite ?

Sources

  1. Service Public — Congé pour le décès d’un membre de la famille d’un salarié du secteur privé (vérifié le 13 février 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2278 — consulté le 23/10/2026.
  2. Légifrance — Code du travail, article L. 3142-4 (en vigueur depuis le 14 juin 2026) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGISCTA000033002890 — consulté le 23/10/2026.
  3. Service Public — Autorisation d’absence pour décès d’un enfant ou d’un proche dans la fonction publique (vérifié le 31 mars 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34545 — consulté le 23/10/2026.
  4. Service Public — Un proche est décédé (vérifié le 1er octobre 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16507 — consulté le 23/10/2026.
  5. Service Public — Quelles sont les règles pour hériter ? Pas de testament (vérifié le 16 juin 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F36739/0_1_0?idFicheParent=F2529 — consulté le 23/10/2026.
  6. Légifrance — Code civil, articles 751 à 755 (de la représentation) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/id/LEGIARTI000006431079/2007-01-01 — consulté le 23/10/2026.
  7. Ameli — Remboursement de séances chez le psychologue : dispositif Mon soutien psy (page du 16 septembre 2026) — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy — consulté le 23/10/2026.
  8. Service Public — Quels sont les numéros en cas d’urgence et les numéros d’écoute ? (vérifié le 25 août 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F33954 — consulté le 23/10/2026.
  9. Empreintes — Contactez-nous (coordonnées et horaires) — https://www.empreintes-asso.com/aider/contactez-nous/ — consulté le 23/10/2026.