Le décès d’un enfant ouvre des droits spécifiques aux parents. Un salarié du privé a droit à 12 jours ouvrables de congé pour le décès d’un enfant, portés à 14 jours si l’enfant avait moins de 25 ans ou était lui-même parent. Lorsque l’enfant avait moins de 25 ans, un congé de deuil de 8 jours s’y ajoute. Le repère « cinq jours plus huit jours », encore répandu, correspond à un état antérieur du droit. La CAF ou la MSA peut aussi verser, sous conditions, une allocation forfaitaire : 2 319,32 € ou 1 159,68 € en 2026 selon les ressources. Les obsèques s’organisent selon les règles ordinaires.
Cette page présente ces droits, les autres aides à rechercher, l’organisation des obsèques et des repères pour accompagner les parents et la fratrie. Elle ne constitue pas un conseil juridique personnalisé.
À retenir
- Congé pour décès d’un enfant (salarié du privé) : 12 jours ouvrables, ou 14 jours si l’enfant avait moins de 25 ans, s’il était lui-même parent, ou pour une personne de moins de 25 ans à charge.
- Congé de deuil de 8 jours en plus lorsque l’enfant avait moins de 25 ans ou pour une personne de moins de 25 ans à charge, à prendre dans l’année suivant le décès.
- Allocation CAF ou MSA : décès à partir de la 20e semaine de grossesse et avant le 25e anniversaire ; 2 319,32 € ou 1 159,68 € en 2026 selon Service-Public, montant à vérifier auprès de l’organisme.
- Les obsèques suivent le droit commun : au plus tard le 14e jour calendaire après le décès, sauf dérogation.
- Il n’existe pas de calendrier universel du deuil d’un parent.
- Idées suicidaires ou détresse : 3114, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7. Danger immédiat : 15 ou 112.
Les congés des parents
Pour un salarié du privé, l’article L. 3142-4 du Code du travail prévoit 12 jours ouvrables pour le décès d’un enfant et 14 jours si l’enfant avait moins de 25 ans, s’il était lui-même parent (quel que soit son âge) ou s’il s’agit d’une personne de moins de 25 ans à la charge effective et permanente du salarié [1, 3]. Lorsque l’enfant avait moins de 25 ans, ou pour une personne de moins de 25 ans à charge, un congé de deuil de 8 jours s’ajoute ; il peut être fractionné et se prend dans l’année suivant le décès [2, 3]. Une convention collective peut être plus favorable, et les agents publics relèvent d’autorisations d’absence propres [4].
Le mode de calcul des jours, le fractionnement du congé de deuil, le maintien du salaire, les justificatifs et les règles de la fonction publique sont détaillés sur la page congé pour décès et congé de deuil.
L’allocation versée en cas de décès d’un enfant
La CAF ou la MSA peut verser une allocation forfaitaire, sous conditions, pour un décès survenu à partir de la 20e semaine de grossesse et avant le 25e anniversaire de l’enfant [5].
| Ressources du foyer | Montant publié par Service-Public pour 2026 |
|---|---|
| Jusqu’au plafond de ressources applicable | 2 319,32 € |
| Au-dessus du plafond | 1 159,68 € |
Le plafond de ressources dépend du nombre d’enfants. La page de barème de la CAF consultée le même jour affichait encore des montants antérieurs (2 289,43 € ou 1 144,74 €) [6] : le montant exact est à vérifier au moment de la demande.
La demande est à faire dans les délais indiqués par l’organisme. Pour certains allocataires, le versement intervient automatiquement après l’information transmise par l’état civil, mais il vaut mieux ne pas le présumer et vérifier auprès de la CAF ou de la MSA.
Des aides locales peuvent exister auprès de la CAF, d’une mutuelle, de l’employeur ou d’une collectivité ; elles ne sont pas nationales.
Capital décès, frais d’obsèques et autres droits
Selon la situation de l’enfant (salarié, apprenti, étudiant salarié, demandeur d’emploi indemnisé ou agent public), d’autres prestations peuvent exister, comme le capital décès. Il est utile de se renseigner auprès de la CPAM, de la mutuelle, de l’employeur, de l’établissement scolaire et des éventuels contrats de prévoyance.
Pour financer les obsèques, plusieurs pistes peuvent être examinées :
- une assurance individuelle, une garantie scolaire ou accident ;
- la mutuelle ou un contrat de l’employeur ;
- la responsabilité d’un tiers, selon les circonstances du décès ;
- une aide de la commune ;
- la succession de l’enfant, s’il laisse des biens.
Voir aussi qui paie les obsèques et les aides au financement des obsèques.
Organiser les obsèques d’un enfant
Les parents, ou la personne qui a qualité pour pourvoir aux funérailles, choisissent l’inhumation ou la crémation, une cérémonie religieuse ou civile et le lieu de recueillement, en respectant les volontés que l’enfant aurait pu exprimer s’il était en âge de le faire. Le droit commun s’applique : l’inhumation ou la crémation a lieu au plus tard le 14e jour calendaire suivant le décès, sauf dérogation [7]. Les étapes sont présentées dans le guide organiser des obsèques.
Pour un enfant ou un adolescent, la cérémonie peut accueillir des dessins, des musiques, des lettres, des photos, des objets ou une intervention de sa classe. Rien de cela n’est obligatoire. Deux points d’attention :
- vérifier auprès de l’opérateur funéraire quels objets sont compatibles avec une crémation ;
- ne pas imposer aux frères et sœurs une participation qu’ils refusent.
Pour la préparation de la cérémonie, voir la cérémonie d’hommage.
Accompagner les parents et la fratrie
Il n’existe pas de calendrier universel du deuil d’un parent. Les deux parents peuvent vivre ce décès différemment, avec des besoins de parole, de silence ou de rituels qui ne coïncident pas. Les frères et sœurs peuvent passer de la tristesse au jeu, à la colère, à la culpabilité, à l’inquiétude ou à une apparente indifférence. Ces variations ne suffisent pas, à elles seules, à conclure à un trouble. Des repères sur le deuil en général figurent sur la page le deuil : repères et ressources, et pour les frères et sœurs sur la page accompagner un enfant ou un adolescent en deuil.
Quelques mesures concrètes peuvent aider :
- désigner une personne de l’entourage pour centraliser les appels et les démarches ;
- demander un rendez-vous avec l’assistant social de l’hôpital ou de la CAF ;
- prévenir l’école, avec l’accord de la famille, et préparer le retour des frères et sœurs ;
- conserver les documents, les factures et les coordonnées des organismes ;
- proposer, sans l’imposer, un soutien individuel ou un groupe de parents endeuillés ;
- réévaluer les besoins au moment des anniversaires, des fêtes et des étapes scolaires.
Un professionnel de santé est à solliciter rapidement si un parent, un frère ou une sœur exprime des idées suicidaires, se met en danger, ne parvient plus à assurer ses besoins essentiels, a une consommation dangereuse de substances ou présente des symptômes physiques ou psychiques inquiétants. Il ne s’agit pas de fixer une date au-delà de laquelle le deuil deviendrait « anormal ».
En cas de détresse
- 3114 : numéro national de prévention du suicide, gratuit, 24 h/24 et 7 j/7 [12].
- 15 ou 112 : danger immédiat ou urgence médicale.
Associations de parents endeuillés
Les associations ci-dessous sont décrites selon les services qu’elles présentent sur leur site ; leurs coordonnées et modalités d’accueil sont à consulter directement.
| Association | Ce qu’elle propose |
|---|---|
| Apprivoiser l’Absence [8] | Groupes d’entraide pour parents et accompagnement de frères et sœurs. |
| Jonathan Pierres Vivantes [9] | Entraide bénévole pour parents et fratries, quels que soient l’âge de l’enfant et la cause du décès ; réseau de points d’accueil. |
| Naître et Vivre [10] | Soutien particulièrement adapté au décès d’un tout-petit et à la mort inattendue du nourrisson. |
| Empreintes [11] | Ligne nationale, entretiens, groupes pour enfants, adolescents et adultes, annuaire territorial. |
Pour la perte d’un bébé pendant la grossesse ou à la naissance, la page deuil périnatal présente les démarches propres (acte d’enfant sans vie, délai pour réclamer le corps) et des associations spécialisées.
Questions fréquentes
Combien de jours de congé pour le décès d’un enfant ?
Pour un salarié du privé : 12 jours ouvrables, ou 14 jours si l’enfant avait moins de 25 ans, s’il était lui-même parent, ou pour une personne de moins de 25 ans à charge. Un congé de deuil de 8 jours s’ajoute lorsque l’enfant avait moins de 25 ans ou pour une personne de moins de 25 ans à charge. Une convention collective peut prévoir davantage ; les agents publics ont des règles propres.
Le congé pour le décès d’un enfant est-il toujours de 5 jours plus 8 jours ?
Non. Ce repère correspond à un état antérieur du droit. L’article L. 3142-4 du Code du travail prévoit aujourd’hui 12 ou 14 jours selon la situation, auxquels peut s’ajouter le congé de deuil de 8 jours.
Quel est le montant de l’allocation décès d’un enfant en 2026 ?
Selon Service-Public, 2 319,32 € si les ressources du foyer ne dépassent pas le plafond applicable, et 1 159,68 € au-dessus. La page de barème de la CAF affichait encore d’anciens montants le même jour : le montant est à confirmer auprès de la CAF ou de la MSA.
L’allocation est-elle versée automatiquement ?
Pas toujours. Pour certains allocataires, le versement est automatique après l’information transmise par l’état civil, mais il ne faut pas le présumer. La demande est à faire dans les délais indiqués par la CAF ou la MSA.
Faut-il que les frères et sœurs assistent aux obsèques ?
Non, rien n’est obligatoire. Leur participation peut être proposée, sans leur imposer une présence qu’ils refusent.
Que faire ensuite ?
- Congé pour décès et congé de deuil : le détail des règles
- Obtenir des copies de l’acte de décès
- Organiser des obsèques
- Retour au guide : condoléances et deuil
Sources
- Légifrance — Code du travail, article L. 3142-4 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047864715 — consulté le 24/09/2026.
- Légifrance — Loi n° 2020-692 du 8 juin 2020 créant le congé de deuil de huit jours — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000041975976 — consulté le 24/09/2026.
- Service-Public — Congé pour le décès d’un membre de la famille d’un salarié — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2278 — consulté le 24/09/2026.
- Service-Public — Autorisation d’absence pour décès d’un enfant ou d’un proche dans la fonction publique — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F34545 — consulté le 24/09/2026.
- Service-Public — Allocation versée en cas de décès d’un enfant — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35558 — consulté le 24/09/2026.
- CAF — Barème « Allocation décès d’enfant », 1er janvier 2026 — https://www.caf.fr/professionnels/offres-et-services/accompagnement-des-allocataires/bareme-allocation-deces-d-enfant — consulté le 24/09/2026.
- Légifrance — Code général des collectivités territoriales, article R. 2213-33 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000049946142 — consulté le 19/09/2026.
- Apprivoiser l’Absence — Site de l’association — https://www.apprivoiserlabsence.com/ — consulté le 24/09/2026.
- Association nationale Jonathan Pierres Vivantes — Qui sommes-nous ? — https://anjpv.fr/qui-sommes-nous/ — consulté le 24/09/2026.
- Naître et Vivre — Soutien aux familles — https://naitre-et-vivre.org/soutien-aux-familles/ — consulté le 24/09/2026.
- Empreintes — Page d’accueil — https://www.empreintes-asso.com/ — consulté le 24/09/2026.
- 3114 — Numéro national de prévention du suicide — https://3114.fr/ — consulté le 24/09/2026.