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Après un décès

Mutuelle et prévoyance : garantie décès, forfait obsèques et remboursement de frais

Publié le · Sources vérifiées le

Une mutuelle ou un organisme de prévoyance peut verser une somme au décès d’un assuré, mais seulement si le contrat le prévoit : il n’existe pas de règle générale et aucun montant national. Selon le contrat, il peut s’agir d’un capital ou d’une rente de prévoyance (individuelle ou d’entreprise), d’une participation aux frais d’obsèques, ou du remboursement de soins restés impayés. La somme n’est pas versée d’office : la personne désignée comme bénéficiaire doit s’adresser à l’organisme.

Cette page distingue ces cas dans un tableau, explique comment se désigne le bénéficiaire, ce que deviennent la couverture santé du conjoint et des enfants et le remboursement des derniers soins, puis donne les étapes pour retrouver un contrat dont la famille ignore l’existence. Elle s’appuie uniquement sur des pages officielles consultées le 24 octobre 2026. Là où ces pages ne donnent ni montant ni délai, nous ne les inventons pas : le contrat reste la référence.

À retenir

  • Une garantie décès (capital ou rente) n’existe que si un contrat de prévoyance, individuel ou collectif, la prévoit ; elle est versée au bénéficiaire désigné, sur demande.
  • Les mutuelles, les caisses de retraite complémentaire et les organismes de prévoyance peuvent, dans certains cas, aider à payer les obsèques : Service-Public demande de les contacter directement, sans donner de montant.
  • Le capital décès de la Sécurité sociale (4 009 € pour un salarié du privé, sous conditions) est une autre somme, demandée à la CPAM ; il ne remplace pas la prévoyance et ne dépend pas d’elle.
  • Les proches couverts par le contrat collectif d’un salarié décédé peuvent demander le maintien de leur couverture santé : au moins 12 mois à compter du décès, demande dans les 6 mois.
  • Les soins non remboursés du défunt se réclament à la CPAM par les héritiers ou le notaire.
  • Si le contrat est inconnu, voir le guide pour retrouver les comptes et contrats du défunt.

Ce que peuvent verser la mutuelle et la prévoyance : vue d’ensemble

Le mot « mutuelle » désigne d’ordinaire la complémentaire santé, qui complète les remboursements de l’Assurance maladie. La prévoyance est un autre contrat, qui couvre des risques de la vie comme le décès, l’invalidité ou l’incapacité. Une même entreprise ou un même organisme peut proposer les deux, ce qui explique la confusion fréquente. Service-Public rappelle qu’un dispositif collectif d’entreprise peut inclure des garanties décès en plus de la complémentaire santé [9].

Service-Public décrit aussi l’assurance décès comme un contrat de prévoyance qui ne permet pas d’épargner : en échange des primes, les bénéficiaires reçoivent un capital fixé à l’avance au décès de l’assuré [2]. Elle se distingue de l’assurance-vie, qui est un produit d’épargne (voir le guide sur l’assurance-vie au décès).

Type de garantie Qui la verse Ce que dit la source
Capital décès d’un contrat de prévoyance individuel (assurance décès) L’assureur ou l’organisme qui a émis le contrat Capital fixe versé aux bénéficiaires au décès de l’assuré, sans épargne constituée [2]. Le bénéficiaire est celui désigné dans la clause [1].
Garantie décès d’une prévoyance collective d’entreprise Un organisme de prévoyance ou l’employeur, selon le contrat Une convention collective peut prévoir un capital décès complémentaire, versé par l’employeur ou par un organisme de prévoyance [8]. Le dispositif d’entreprise peut inclure des garanties décès [9]. Aucun montant n’est donné.
Participation aux frais d’obsèques La mutuelle, la caisse de retraite complémentaire ou l’organisme de prévoyance auquel le défunt était affilié Ces organismes peuvent, dans certains cas, aider à payer une partie des frais : il faut les contacter directement [7]. Aucun montant ni condition n’est donné.
Contrat d’assurance obsèques L’assureur du contrat Contrat distinct, au capital destiné aux funérailles : voir le guide contrat obsèques.
Capital décès de la Sécurité sociale La CPAM ou la MSA Forfait de 4 009 € pour un salarié du privé, sur demande, sous conditions [8]. Voir capital décès : montants et démarche.
Soins du défunt non remboursés La CPAM Les héritiers ou le notaire peuvent en obtenir le remboursement [6].
Couverture santé des proches du salarié décédé L’organisme de la complémentaire collective Maintien possible pendant au moins 12 mois à compter du décès, sur demande [4].

Ce tableau ne dit pas que chaque proche a droit à chaque ligne : tout dépend du contrat du défunt, de son statut (salarié, retraité, indépendant) et de sa situation à la date du décès.

La garantie décès : capital ou rente, et qui la reçoit

Comment le bénéficiaire est désigné

Le bénéficiaire est la personne qui reçoit le capital ou la rente au décès de l’assuré. La clause qui le désigne figure dans le bulletin d’adhésion ou dans un avenant si elle a été modifiée ensuite. Le souscripteur, l’assuré et le bénéficiaire peuvent être trois personnes différentes, même si le souscripteur est le plus souvent aussi l’assuré [1] [2].

Le Code des assurances (article L. 132-8) n’exige pas toujours que le bénéficiaire soit nommé : il suffit qu’il soit identifiable au moment où la somme devient exigible. La loi cite par exemple les enfants nés ou à naître du souscripteur ou de l’assuré, ou ses héritiers ou ayants droit. Si la clause désigne « le conjoint », la somme revient à la personne qui a cette qualité au moment du paiement. Les héritiers désignés se partagent le bénéfice selon leurs parts héréditaires et le conservent même s’ils renoncent à la succession [3].

Tant que le bénéficiaire n’a pas accepté, le souscripteur peut modifier la clause. Une fois acceptée, elle devient irrévocable [1]. C’est pourquoi la clause réellement en vigueur, et non ce que la famille croit, détermine le bénéficiaire.

Et en l’absence de clause ?

Les pages officielles consultées ne décrivent pas d’ordre de répartition général qui s’appliquerait automatiquement à un contrat de prévoyance sans bénéficiaire désigné. Il faut lire les conditions générales du contrat, ou demander à l’organisme qui est bénéficiaire dans ce cas. Dans les contrats collectifs d’entreprise, la liste des bénéficiaires est fixée par le contrat ou l’accord ; nous n’en donnons pas de règle commune faute de source.

À noter, côté assureur : lorsqu’il apprend le décès de l’assuré, il est tenu de rechercher le bénéficiaire et, si la recherche aboutit, de l’informer de la stipulation faite à son profit [3]. Cela ne dispense pas la famille de signaler le décès.

Délais et pièces

Aucune des pages officielles ouvertes ne fixe de délai général pour demander une garantie décès de prévoyance, ni de liste de pièces commune. Chaque organisme indique les siens. Le plus souvent, on peut s’attendre à devoir justifier du décès, de son identité et de sa qualité de bénéficiaire, mais c’est le contrat qui tranche. Le guide organismes à prévenir après un décès précise que le signalement rapide est une pratique conseillée, pas un délai légal universel.

Le forfait obsèques d’une mutuelle

Certaines mutuelles et caisses prévoient une prestation au décès d’un adhérent, souvent appelée forfait obsèques. Le principe est confirmé par Service-Public : les organismes auxquels le défunt était affilié (caisse de retraite complémentaire, mutuelle ou complémentaire santé, organisme de prévoyance) peuvent, dans certains cas, verser une aide pour une partie des frais d’obsèques, et il faut les contacter directement [7].

Ce que ces pages ne disent pas : le montant, les conditions d’ancienneté, les pièces ou la durée de traitement. Toute somme annoncée par un organisme se vérifie donc dans le contrat ou auprès de lui. Deux conseils de bon sens :

  • Demander par écrit si le contrat comporte une prestation obsèques et dans quelles conditions elle est versée, avant d’avancer ou non les frais ;
  • Ne pas la confondre avec un contrat d’assurance obsèques souscrit à part, qui obéit à d’autres règles (voir contrat obsèques).

Pour l’ensemble des pistes de financement, des comptes du défunt aux aides de la Sécurité sociale, voir aides au financement des obsèques.

Les démarches auprès de la mutuelle et de la prévoyance, dans l’ordre

  1. Rassembler les documents du défunt : attestations de mutuelle, bulletins de paie ou notice de la prévoyance d’entreprise, relevés bancaires montrant des cotisations, courriers d’assureurs.
  2. Signaler le décès à chaque organisme identifié, en joignant un acte ou un certificat de décès selon ce que l’organisme demande. Des modèles de courrier existent dans modèles de lettres pour prévenir chaque organisme.
  3. Demander par écrit si le contrat prévoit une garantie décès, un forfait obsèques ou une rente, et qui en est le bénéficiaire.
  4. Justifier de sa qualité de bénéficiaire ou d’héritier, avec les pièces que l’organisme précise, et fournir un relevé d’identité bancaire si une somme est due.
  5. Demander le maintien de la couverture santé des proches du salarié décédé, dans les 6 mois du décès, si le contrat est collectif (voir la section suivante).
  6. Conserver une copie de chaque échange et relancer par écrit si aucune réponse n’arrive, car aucun délai de réponse général n’est établi par les pages consultées.

La couverture santé des proches après le décès

Fin de la couverture du défunt

Les pages officielles consultées ne décrivent pas de procédure commune pour mettre fin à la complémentaire santé du défunt : le contrat fixe ce qu’il devient, et il faut écrire à l’organisme. Les remboursements éventuellement dus pour des soins antérieurs au décès se demandent aussi à l’organisme concerné, selon son contrat.

Conjoint et enfants d’un salarié couvert par un contrat collectif

C’est le seul cas où la loi fixe des règles précises. Selon l’article 4 de la loi du 31 décembre 1989 (dite loi Évin), les personnes garanties du chef d’un assuré décédé peuvent obtenir le maintien de leur couverture pendant une durée minimale de douze mois à compter du décès, à condition d’en faire la demande dans les six mois suivant le décès. L’employeur informe l’organisme, qui doit adresser une proposition de maintien dans les deux mois suivant le décès. La garantie prend effet au plus tard le lendemain de la demande [4].

Ce maintien n’est pas forcément gratuit : le texte renvoie à un décret pour fixer les conditions tarifaires, qui peuvent dépasser le tarif des salariés actifs [4]. Le contrat et l’organisme donnent le tarif exact.

Ne pas confondre avec la portabilité

La « portabilité » de l’article L. 911-8 du code de la sécurité sociale concerne les salariés dont le contrat de travail prend fin ouvrant droit à l’assurance chômage : le maintien est gratuit, pour la durée d’indemnisation et au plus douze mois [5]. Le texte vise la cessation du contrat de travail ; il ne mentionne pas le décès du salarié. Pour les proches d’un salarié décédé, c’est donc la voie de l’article 4 de la loi Évin décrite ci-dessus qui est prévue [4] [5].

Pour un défunt retraité, indépendant ou titulaire d’un contrat individuel, aucune des pages officielles ouvertes ne décrit de règle équivalente : le contrat de santé fixe ce que deviennent les ayants droit. Le conjoint ou les enfants qui souhaitent rester couverts doivent le demander à l’organisme sans attendre, et peuvent aussi voir si une couverture est possible à titre personnel.

Les derniers soins du défunt : le rôle de la CPAM

Si des frais de santé n’ont pas été remboursés de son vivant, ses héritiers ou le notaire chargé de la succession peuvent en obtenir le remboursement auprès de la CPAM du défunt [6]. Les pièces dépendent de la somme [6] :

Montant dû Pièce demandée par la CPAM
Jusqu’à 5 300 € Certificat d’hérédité délivré par la mairie
Au-delà de 5 300 € Certificat de propriété établi par le notaire ou le juge
Décès à l’étranger Extrait d’acte de décès

En dessous de 2 400 €, la somme peut être versée à un héritier qui en fait la demande et se porte garant pour les autres [6]. La carte Vitale du défunt doit être remise à la CPAM ou à la MSA, ou envoyée par courrier [10]. Le détail du courrier à la caisse figure dans modèles de lettres pour prévenir chaque organisme.

La complémentaire santé peut avoir elle-même à rembourser des soins : ce point dépend du contrat et n’est pas décrit par les pages officielles ; il faut le demander à l’organisme.

Prévoyance d’entreprise : quand le défunt était salarié

Pour un salarié, la prévoyance est souvent prévue par la convention collective ou par un accord d’entreprise. Service-Public indique qu’un capital décès complémentaire peut être prévu par la convention collective, versé par l’employeur ou par un organisme de prévoyance [8]. Ce capital s’ajoute au capital décès de la Sécurité sociale, qui est une démarche distincte à faire auprès de la CPAM (voir capital décès).

Dans la pratique, la famille peut se tourner vers l’employeur du défunt pour obtenir le nom de l’organisme de prévoyance et la notice du contrat. Le guide décès d’un salarié : démarches de l’employeur présente ce que l’entreprise doit et peut faire de son côté. Aucune source officielle consultée ne donne la liste des pièces à fournir ni le calcul du capital : ils figurent dans le contrat.

Retrouver un contrat dont la famille ignore l’existence

Le défunt a pu souscrire une prévoyance, une assurance décès ou une assurance-vie sans que la famille le sache. Les indices habituels : des prélèvements de cotisation sur les relevés bancaires, du courrier d’assureur ou de mutuelle, une attestation dans les papiers, un contrat d’entreprise évoqué sur les bulletins de paie. Le guide retrouver les comptes et contrats d’une personne décédée détaille les recherches possibles, dont la demande d’information sur les contrats d’assurance.

Autre point utile : l’article L. 132-8 du Code des assurances oblige l’assureur à rechercher le bénéficiaire quand il apprend le décès [3]. Signaler le décès aux organismes connus aide donc aussi à faire apparaître un contrat.

Questions fréquentes

La mutuelle verse-t-elle un capital au décès ?

Cela dépend du contrat. Une mutuelle santé classique rembourse des soins ; un capital ou une rente décès relève d’un contrat de prévoyance, parfois proposé par le même organisme. Les pages officielles ne donnent aucun montant : il faut interroger l’organisme et lire le contrat.

Qui reçoit la garantie décès d’un contrat de prévoyance ?

La personne désignée dans la clause bénéficiaire. La loi accepte aussi une désignation par catégorie (par exemple les enfants ou les héritiers) tant que le bénéficiaire est identifiable au jour du paiement. Si le contrat ne désigne personne ou si la clause est ambiguë, l’organisme indique, d’après les conditions générales, qui peut prétendre à la somme.

Une mutuelle prend-elle en charge les obsèques ?

Service-Public indique que la mutuelle, la caisse de retraite complémentaire ou l’organisme de prévoyance du défunt peut, dans certains cas, aider à payer une partie des frais, et recommande de les contacter directement. Aucune source ne fixe de montant ni de condition. Demandez par écrit ce que le contrat prévoit.

La mutuelle du conjoint continue-t-elle après le décès ?

Si le défunt était salarié et couvrait sa famille par un contrat collectif, les proches peuvent demander le maintien de la couverture pendant au moins 12 mois à compter du décès, dans les 6 mois suivant le décès. Dans les autres situations, le contrat décide : contactez l’organisme rapidement.

Faut-il demander à la CPAM les remboursements en attente ?

Oui, les héritiers ou le notaire peuvent demander le remboursement des frais de santé restés dus. Jusqu’à 5 300 €, la CPAM demande un certificat d’hérédité délivré par la mairie ; au-delà, un certificat de propriété établi par le notaire ou le juge.

Y a-t-il un délai pour réclamer une prévoyance ?

Les pages officielles ouvertes n’en fixent pas de général. Pour le capital décès de la Sécurité sociale, les délais sont de 1 mois pour les bénéficiaires prioritaires et de 2 ans pour tous [8], mais ils ne s’appliquent pas à la prévoyance privée. Mieux vaut signaler le décès sans attendre et demander le délai prévu par le contrat.

Que faire ensuite ?

Sources

  1. Service-Public.fr — Clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie (fiche F2386, vérifiée le 25/09/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2386 — consulté le 24/10/2026.
  2. Service-Public.fr — Assurance-vie et assurance décès : comment les distinguer ? (fiche F35395, vérifiée le 25/09/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F35395 — consulté le 24/10/2026.
  3. Légifrance — Code des assurances, article L. 132-8 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000018154217 — consulté le 24/10/2026.
  4. Légifrance — Loi n° 89-1009 du 31 décembre 1989, article 4 — https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000027563147 — consulté le 24/10/2026.
  5. Légifrance — Code de la sécurité sociale, article L. 911-8 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000027549338 — consulté le 24/10/2026.
  6. Assurance maladie (ameli) — Décès d’un proche : prestations et formalités (mise à jour du 23/04/2026) — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/pensions-allocations-rentes/deces-proche-capital-deces — consulté le 24/10/2026.
  7. Service-Public.fr — Qui doit payer les frais d’obsèques ? (fiche F17059, vérifiée le 01/01/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F17059 — consulté le 24/10/2026.
  8. Service-Public.fr — Capital décès versé pour le décès d’un salarié du privé (fiche F3005, vérifiée le 01/04/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3005 — consulté le 24/10/2026.
  9. Service-Public.fr — Complémentaire santé d’entreprise (fiche F20739, vérifiée le 15/05/2024) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F20739 — consulté le 24/10/2026.
  10. Service-Public.fr — Un proche est décédé (fiche F16507, vérifiée le 01/10/2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F16507 — consulté le 24/10/2026.