En France, seuls deux modes de sépulture sont reconnus : l’inhumation et la crémation. L’humusation (transformation du corps en humus) a été qualifiée d’« actuellement interdite » par le ministère chargé des collectivités dans une réponse du 3 juillet 2025 ; pour l’aquamation (hydrolyse alcaline), aucun texte l’autorisant n’a été identifié et les sources professionnelles consultées la disent non autorisée. En revanche, plusieurs choix plus sobres ou plus écologiques restent possibles dans le cadre légal : cercueil conforme à la norme de biodégradabilité ou de combustibilité, inhumation en pleine terre là où la commune l’organise, destinations légales des cendres.
Cette page distingue ce qui est autorisé, ce qui n’est pas prévu par le droit et ce qui relève d’une pratique communale. Elle décrit des règles générales et ne constitue pas un conseil juridique. Elle a été établie à partir de sources consultées le 25 septembre 2026 : le droit peut évoluer.
À retenir
- Le droit reconnaît deux modes de sépulture : l’inhumation et la crémation (position du ministère, 3 juillet 2025).
- Humusation : qualifiée d’actuellement interdite par le ministère ; une proposition de loi d’expérimentation (n° 794, 2023) a été déposée sans suite connue dans le dossier officiel.
- Aquamation : aucun texte l’autorisant n’a été identifié ; les sources professionnelles consultées indiquent qu’elle n’est pas autorisée pour les défunts.
- Il n’existe pas de catégorie légale de « cercueil écologique » : tout cercueil doit respecter les caractéristiques techniques fixées par la réglementation.
- L’inhumation en pleine terre et les cimetières dits « naturels » dépendent des choix et du règlement de chaque commune.
Ce que le droit autorise : deux modes de sépulture
Interrogé en 2025 sur l’humusation, le ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation a rappelé que « la réglementation et la jurisprudence n’acceptent que deux modes de sépulture : l’inhumation et la crémation », en s’appuyant sur les articles R. 2213-31 et R. 2213-34 du code général des collectivités territoriales (CGCT) (réponse ministérielle du 3 juillet 2025, source 1).
Le CGCT encadre en détail l’autorisation d’inhumation (art. R. 2213-29 à R. 2213-33) et celle de crémation (art. R. 2213-34 à R. 2213-39-1), délivrée par le maire de la commune du décès ou du lieu de fermeture du cercueil (sources 3 et 4). Pour le déroulement de chacun, voir inhumation et crémation.
Une « inhumation directe » n’est pas un troisième mode : c’est une inhumation sans cérémonie, selon l’usage courant.
Le code civil pose en outre une exigence de dignité : « le respect dû au corps humain ne cesse pas avec la mort », et les restes des personnes décédées, y compris les cendres, doivent être traités « avec respect, dignité et décence » (art. 16-1-1, source 7). Le ministère s’appuie sur ce cadre pour estimer qu’une nouvelle technique « soulève des questions juridiques, éthiques et environnementales significatives » (source 1).
Le don du corps à la science, qui relève d’une démarche distincte faite de son vivant auprès d’un établissement autorisé, est présenté dans la page sur le don du corps à la science.
Vue d’ensemble : autorisé, non prévu, en débat
| Pratique | Situation au 25 septembre 2026 | Source |
|---|---|---|
| Inhumation, en caveau ou en pleine terre | Autorisée | CGCT, R. 2213-29 à R. 2213-33 (source 3) |
| Crémation | Autorisée | CGCT, R. 2213-34 à R. 2213-39-1 (source 4) |
| Humusation (« terramation ») | Qualifiée d’actuellement interdite par le ministère ; en réflexion | Réponse ministérielle du 3/07/2025 (source 1) |
| Aquamation (résomation) | Aucun texte la prévoyant identifié ; non autorisée selon les sources professionnelles consultées | CGCT (numerus clausus) ; sources 13 à 15 |
| Cercueil en carton, osier ou bois non traité | Autorisé s’il respecte les caractéristiques techniques réglementaires | Décret n° 2018-966 (source 8) |
| Cendres : conservation, columbarium, dispersion | Autorisées dans les formes prévues par le CGCT | CGCT, L. 2223-18-1 à L. 2223-18-3 (source 6) |
| Site privé de dépôt ou de dispersion des cendres | Interdit hors cimetière public ou site cinéraire | CGCT, L. 2223-18-4 (source 6) |
| Cimetière « naturel » en pleine terre | Possible à l’initiative de la commune (pratique communale) | CGCT, L. 2223-1 et s. (source 5) ; exemple de Niort |
Humusation : interdite en l’état, sujet de réflexion
Ce que c’est. Le procédé consiste à déposer le corps dans un compost de broyats de bois pour le transformer en humus. On parle aussi de terramation (source 1).
Où en est le droit. Le ministère a répondu à une question sénatoriale, le 3 juillet 2025, que l’humusation « est donc actuellement interdite » : ce n’est pas un texte qui la prohibe nommément, mais elle n’entre dans aucun des deux modes reconnus (source 1).
Les motifs avancés par l’administration. Le ministère cite des expérimentations européennes, notamment à l’Université catholique de Louvain (Belgique) en 2020, qui auraient montré une mise en œuvre « très en-deçà des attentes théoriques » : décomposition des corps très lente et pollution des sols par les nitrates et l’ammoniaque. Il conclut que la technique « ne constitue donc pas à l’heure actuelle une alternative envisageable » (source 1).
Ce qui est en débat. Le Conseil national des opérations funéraires (CNOF) « se tient toutefois très informé » et « va poursuivre ses réflexions » sur les alternatives à l’inhumation et à la crémation (source 1) : il s’agit d’une veille, pas d’un projet de réglementation annoncé. Une proposition de loi visant une expérimentation de l’humusation (n° 794) a été déposée à l’Assemblée nationale le 31 janvier 2023 et renvoyée à la commission des lois ; le dossier législatif officiel ne mentionne aucune étape ultérieure à la date de consultation (source 2).
Aquamation : pas de cadre légal identifié
L’aquamation, ou résomation, est un procédé qui utilise de l’eau et de l’hydroxyde de potassium pour accélérer la décomposition du corps (source 13, presse spécialisée).
Aucune disposition du droit français prévoyant l’aquamation n’a été identifiée dans les sources consultées. Comme pour l’humusation, elle sort du cadre des deux modes de sépulture reconnus par le CGCT. Des articles de presse professionnelle consultés vont dans le même sens : ils indiquent que seuls la crémation et l’inhumation sont possibles en France et que ce mode de sépulture n’a reçu aucune autorisation (sources 13 à 15).
Précision de prudence : la réponse ministérielle de 2025 porte sur l’humusation et ne cite pas l’aquamation. Cette page en déduit le statut du cadre général (deux modes seulement), confirmé par des sources professionnelles, mais aucune source officielle consultée ne traite spécifiquement de l’aquamation. Une proposition de loi plus récente (n° 2297, XVIIe législature), déposée le 23 décembre 2025 et renvoyée à la commission des lois, prévoit une expérimentation de cinq ans, par les communes volontaires, de la terramation, de l’humusation et de l’aquamation ; il s’agit d’un simple dépôt, non adopté à la date de consultation (source 16). Ce procédé est autorisé dans certains pays, comme le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique selon la presse professionnelle (source 13) : c’est un point de comparaison, sans effet en droit français.
Cercueils écologiques : une norme technique, pas un statut
Aucune catégorie légale de « cercueil écologique » n’a été identifiée dans les sources consultées. Un cercueil en carton, en osier ou en bois non traité est un cercueil comme un autre : il doit respecter les caractéristiques techniques fixées par la réglementation. Les obligations liées au cercueil et les critères de choix du modèle sont présentés dans le guide du cercueil.
Le décret n° 2018-966 du 8 novembre 2018 relatif aux cercueils prévoit que les cercueils, quels que soient leurs matériaux, munis de leur garniture intérieure étanche, respectent des caractéristiques de résistance et d’étanchéité. Le cercueil doit aussi respecter des caractéristiques de biodégradabilité lorsqu’il est destiné à l’inhumation et de combustibilité lorsqu’il est destiné à la crémation. Ces caractéristiques et leurs modalités de vérification sont définies par arrêté des ministres chargés de la santé et de l’environnement, après avis de l’ANSES et du CNOF. Ce décret a remplacé l’agrément ministériel par une attestation de conformité délivrée par un organisme accrédité (source 8).
En pratique, un cercueil présenté comme « écologique » est une offre commerciale : ce qui compte est qu’il soit conforme à la destination choisie (inhumation ou crémation). Pour le vérifier, le devis doit le préciser : voir devis obsèques.
Urnes biodégradables et destination des cendres
Les cendres sont protégées par la loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008, qui a créé les articles L. 2223-18-1 à L. 2223-18-4 du CGCT (sources 6 et 9). Selon ces articles :
- les cendres sont recueillies dans une urne munie d’une plaque portant l’identité du défunt et le nom du crématorium ;
- elles peuvent être conservées dans l’urne (inhumée, déposée en columbarium ou scellée sur un monument), dispersées dans un espace aménagé d’un cimetière ou d’un site cinéraire, ou dispersées en pleine nature, sauf sur les voies publiques ;
- la dispersion en pleine nature se déclare à la mairie du lieu de naissance du défunt ;
- la création ou la gestion d’un lieu collectif de dépôt ou de dispersion des cendres hors cimetière public ou site cinéraire est interdite : un site privé de type « forêt cinéraire » n’est donc pas possible en France (source 6).
Aucune règle nationale générale imposant un matériau précis pour l’urne n’a été identifiée dans les sources consultées. Ce qui décide en pratique : le règlement du cimetière ou du site cinéraire concerné (une commune peut demander une urne biodégradable) et, pour une dispersion ou une immersion en mer, les consignes des autorités locales. Le détail figure dans que faire des cendres et urne funéraire. Il faut s’adresser à la mairie ou à l’opérateur funéraire avant de choisir.
Inhumation en pleine terre et cimetières naturels
Aucune définition d’un « cimetière naturel » ou « écologique » n’a été identifiée dans le CGCT. La gestion des cimetières relève des pouvoirs du maire et du conseil municipal (CGCT, art. L. 2223-1 et suivants, source 5). Une commune peut donc, dans le cadre de son règlement, organiser des sépultures en pleine terre sans caveau bétonné.
Un exemple documenté : Niort. La ville a ouvert en 2014 un « cimetière naturel » dans le quartier de Souché, qu’elle présente comme pensé pour réduire son empreinte écologique (source 10). Selon la LPO, qui y anime un refuge, les défunts reposent dans des cercueils ou urnes biodégradables, sans soins de conservation sauf cas particuliers, en pleine terre et sans cuve bétonnée (source 12). Le lieu fonctionne selon une charte d’engagement des familles propre à la commune (sources 10 et 11).
Il s’agit donc d’une pratique locale, non d’un régime national : aucun recensement officiel des communes disposant d’un espace comparable n’a été identifié. Pour savoir si une commune propose cette option, il faut interroger le service des cimetières de la mairie. Pour les questions de durée et de tarif, voir concession funéraire ; aucun tarif n’est repris ici faute de source actualisée.
Questions fréquentes
L’humusation est-elle autorisée en France ?
Non, en l’état. Le ministère l’a qualifiée d’« actuellement interdite » le 3 juillet 2025, car elle n’entre pas dans les deux modes de sépulture reconnus. Une proposition de loi d’expérimentation a été déposée en 2023, sans suite connue dans le dossier officiel consulté.
L’aquamation est-elle légale ?
Aucun texte français la prévoyant n’a été identifié, et les sources professionnelles consultées indiquent qu’elle n’est pas autorisée pour les défunts. Aucune source officielle consultée ne traite spécifiquement de ce procédé : en cas de doute, la mairie ou un opérateur funéraire habilité peut confirmer la situation à la date de votre démarche.
Peut-on choisir un cercueil en carton ou en osier ?
Oui, s’il respecte les caractéristiques techniques de résistance, d’étanchéité et, selon la destination, de biodégradabilité ou de combustibilité (décret n° 2018-966). L’opérateur funéraire doit pouvoir justifier de cette conformité.
Peut-on être enterré en pleine terre, sans caveau ?
Cela dépend de la commune : aucune règle nationale générale imposant ou interdisant le caveau n’a été identifiée, et c’est le règlement de chaque cimetière qui décide. La mairie indique les modalités possibles.
Une urne biodégradable est-elle obligatoire ?
Aucune règle nationale générale n’a été identifiée sur ce point. Le règlement du cimetière ou du site cinéraire, ou les consignes applicables à l’immersion en mer, peuvent l’exiger.
Que faire ensuite ?
- Inhumation ou crémation : comparer les deux modes
- Inhumation : déroulement, délais et règles
- Crémation : déroulement, règles et démarches
- Que faire des cendres après une crémation
- Urne funéraire : plaque obligatoire, usages et transport
- Devis obsèques : contenu obligatoire et droits
Sources
- Sénat / ministère de l’aménagement du territoire et de la décentralisation — Question écrite n° 04367, « Humusation : évolution de la réglementation du funéraire » (réponse du 3 juillet 2025) — https://www.senat.fr/questions/base/2025/qSEQ250404367.html — consulté le 25/09/2026.
- Assemblée nationale — Dossier législatif « Expérimentation visant à développer l’humusation » (proposition de loi n° 794, XVIe législature) — https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/dossiers/humusation_experimentation — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — CGCT, inhumation (art. R. 2213-29 à R. 2213-33) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000041765621 — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — CGCT, crémation (art. R. 2213-34 à R. 2213-39-1) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000042661730 — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — CGCT, cimetières et opérations funéraires (art. L. 2223-1 et suivants) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070633/LEGISCTA000006164562/ — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — CGCT, destination des cendres (art. L. 2223-18-1 à L. 2223-18-4) — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070633/LEGISCTA000019982875/ — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — Code civil, art. 16-1 et 16-1-1 — https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006419293 — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — Décret n° 2018-966 du 8 novembre 2018 relatif aux cercueils — https://www.legifrance.gouv.fr/eli/decret/2018/11/8/SSAP1802938D/jo/texte — consulté le 25/09/2026.
- Légifrance — Loi n° 2008-1350 du 19 décembre 2008 relative à la législation funéraire — https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000019960926 — consulté le 25/09/2026.
- Mairie de Niort — Cimetière naturel de Souché — https://www.vivre-a-niort.com/cadre-de-vie/gestion-ecologique-des-espaces-publics/cimetiere-naturel-de-souche/index.html — consulté le 25/09/2026.
- France 3 Nouvelle-Aquitaine — Le nouveau cimetière de Niort qui se veut écologique — https://france3-regions.franceinfo.fr/nouvelle-aquitaine/deux-sevres/niort/nouveau-cimetiere-niort-qui-se-veut-ecologique-est-devenu-reference-au-niveau-national-1743333.html — consulté le 25/09/2026.
- LPO — Cimetière naturel de Souché — https://www.lpo.fr/la-lpo-en-actions/mobilisation-citoyenne/refuges-lpo/refuges-remarquables/focus-refuges-remarquables/cimetiere-naturel-de-souche — consulté le 25/09/2026.
- Happyend.life — Aquamation : cette nouvelle pratique funéraire qui pourrait arriver en France (source secondaire, presse spécialisée) — https://www.happyend.life/aquamation/ — consulté le 25/09/2026.
- La Gazette des Communes — Humusation, aquamation, promession : mais que cachent ces modes de sépulture écolos ? (source secondaire) — https://www.lagazettedescommunes.com/785974/humusation-aquamation-promession-mais-que-cachent-ces-modes-de-sepulture-ecolos/ — consulté le 25/09/2026.
- La Gazette des Communes — La crémation par l’eau, mode de sépulture de demain ? (source secondaire) — https://www.lagazettedescommunes.com/951321/la-cremation-par-leau-mode-de-sepulture-de-demain/ — consulté le 25/09/2026.
- Assemblée nationale — Proposition de loi n° 2297 « visant à rendre effective la liberté des funérailles » (XVIIe législature, enregistrée le 23/12/2025, renvoyée à la commission des lois) — https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b2297_proposition-loi.pdf — consulté le 24/10/2026.