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Condoléances et deuil

Reprendre le travail après un deuil : congés, arrêt maladie et dialogue avec l'employeur

Publié le · Sources vérifiées le

Après le décès d’un proche, la reprise du travail n’obéit à aucune règle de calendrier : elle dépend d’abord des jours de congé auxquels vous avez droit, puis, si votre état de santé le justifie, d’un éventuel arrêt de travail, qui reste une décision médicale. Un salarié du privé a droit à un congé pour décès (3 jours ouvrables au minimum pour un parent ou un conjoint), et les durées sont plus longues pour un enfant. Ces durées sont détaillées dans la page congé pour décès et congé de deuil ; elles ne sont pas reprises ici.

Cette page prend le relais au moment du retour : poser des jours supplémentaires, comprendre ce que prévoit l’Assurance maladie lorsqu’un médecin prescrit un arrêt, savoir quand une visite de reprise a lieu, et préparer un échange avec l’employeur. Elle s’appuie sur des pages officielles consultées le 23 octobre 2026, ne donne aucun conseil juridique ou médical personnalisé et ne dit pas à partir de quand un arrêt serait justifié : cela relève du médecin.

À retenir

  • Les congés pour décès sont un droit à part ; ils sont présentés dans la page consacrée au congé pour décès.
  • Pour prolonger l’absence sans arrêt de travail, il faut convenir de jours avec l’employeur (congés payés, par exemple) : l’employeur peut refuser des dates.
  • Un arrêt de travail est prescrit par un médecin ou une sage-femme. Une fois prescrit, il se transmet dans les 48 heures.
  • L’indemnité journalière de la Sécurité sociale représente 50 % du salaire journalier de base, avec un délai de carence de 3 jours, sauf cas particuliers.
  • La visite de reprise n’est pas systématique : elle est obligatoire après un arrêt de 60 jours au moins pour une maladie non professionnelle.
  • Les agents publics et les indépendants relèvent de règles différentes.

Avant de reprendre : jours de congé, jours posés, arrêt de travail

Trois situations se mêlent souvent, et elles n’ont ni les mêmes règles ni la même logique.

Situation Qui décide Ce que la page officielle permet de dire
Congé pour décès, congé de deuil pour un enfant La loi fixe un minimum ; une convention peut faire mieux Voir congé pour décès et décès d’un enfant
Jours posés (congés payés, par exemple) L’employeur, après votre demande Les dates sont fixées par accord collectif ou par l’employeur ; il peut refuser une demande
Arrêt de travail Un médecin ou une sage-femme Prescription après consultation, puis indemnités de la Sécurité sociale si les conditions sont remplies

Rien dans ces textes ne fixe un délai « normal » pour reprendre. Chacun avance à son rythme, et les repères sur la durée du deuil sont dans la page le deuil : repères et ressources.

Poser des jours à la suite du congé pour décès

Si les jours du congé pour décès ne suffisent pas, la solution la plus simple est de demander à l’employeur des jours de congé payé ou, selon l’entreprise, d’autres formes de repos prévues par un accord. Service-Public rappelle que les dates de congés sont fixées par un accord collectif ou, à défaut, par l’employeur après consultation du comité social et économique s’il existe. Le salarié indique les dates souhaitées ; l’employeur peut refuser, et le salarié doit alors prendre ses congés à d’autres dates [8].

Deux repères utiles :

  • une fois les dates accordées, l’employeur ne peut en principe pas les modifier moins d’un mois avant le départ, sauf circonstances exceptionnelles [8] ;
  • le congé principal ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables consécutifs [8].

La page consultée ne dit rien d’un délai pour demander des jours après un décès, ni d’un droit à les obtenir : tout dépend de l’organisation du travail, d’un accord d’entreprise ou de la convention collective. Les congés pour décès ne s’imputent pas sur les congés payés (voir la page congé pour décès) : il est donc possible de les poser séparément.

L’arrêt de travail : ce que prévoit l’Assurance maladie

Un arrêt de travail n’est pas une démarche à demander : c’est une décision médicale. Il est prescrit par un médecin ou une sage-femme, et c’est elle ou lui qui apprécie si l’état de santé de la personne l’impose. Cette page se limite à décrire le fonctionnement, une fois l’arrêt prescrit.

Délais et envoi

Ameli indique que le salarié dispose de 48 heures pour envoyer l’avis d’arrêt à son employeur [2]. Si le médecin a transmis les volets 1 et 2 par voie électronique, il ne reste que le volet 3 à remettre à l’employeur ; avec un formulaire papier, les volets 1 et 2 vont au service médical de la caisse. Un premier retard donne lieu à un courrier de rappel ; un deuxième peut entraîner une réduction importante des indemnités [2]. Les prolongations doivent elles aussi être envoyées dans les 48 heures.

Un arrêt prescrit ou renouvelé en téléconsultation ne peut pas dépasser 3 jours, sauf exception (médecin traitant, par exemple) [2].

Sorties et contrôles

Le médecin précise sur l’avis si des heures de présence à domicile sont exigées ou si les sorties sont libres. Refuser ou manquer un contrôle, ou ne pas respecter ces règles, peut réduire ou suspendre les indemnités [2].

Cas du décès d’un enfant

Ameli précise qu’un arrêt prescrit dans les 13 semaines suivant le décès d’un enfant de moins de 25 ans est indemnisé sans délai de carence, sur présentation d’un certificat médical [2]. Pour l’ensemble du dispositif (congé de deuil, démarches), voir décès d’un enfant.

Les indemnités journalières et le salaire pendant un arrêt

Pour un salarié du privé, l’Assurance maladie verse des indemnités journalières (IJ) si des conditions d’activité sont remplies. Les chiffres ci-dessous sont ceux des pages consultées [1] [3].

Point Ce que disent les pages officielles
Condition d’activité (arrêt de moins de 6 mois) Au moins 150 heures travaillées sur les 3 mois précédents, ou un salaire d’au moins 1 015 fois le Smic horaire sur les 6 mois précédents
Délai de carence 3 jours non indemnisés ; les IJ sont dues à partir du 4e jour, avec des exceptions
Montant 50 % du salaire journalier de base (trois derniers salaires bruts divisés par 91,25), plafonné à 42,97 € bruts par jour pour les arrêts commencés à partir de juillet 2026
Versement Pour chaque jour calendaire, tous les 14 jours
Durée maximale En général 12 mois sur 3 ans consécutifs

L’employeur doit adresser une attestation de salaire à la caisse pour que les IJ soient calculées [2].

Le complément de l’employeur

Selon Service-Public, un complément de salaire peut être versé par l’employeur sous conditions : au moins un an d’ancienneté, avis d’arrêt envoyé dans les 48 heures, couverture par la Sécurité sociale. Il est précédé d’un délai de carence de 7 jours, sauf disposition conventionnelle plus favorable, et dure de 60 à 180 jours selon l’ancienneté [1]. Les IJ ne se cumulent pas avec l’allocation chômage [1]. La convention collective peut être plus favorable : le service de paie ou les ressources humaines sont les interlocuteurs pour savoir ce qui s’applique.

Agents publics et travailleurs indépendants

Agents publics

Pour un fonctionnaire, Service-Public indique que l’arrêt doit être transmis à l’administration dans les 48 heures. En cas de retard, un courrier est envoyé ; un nouveau retard dans les 24 mois entraîne une réduction de moitié de la rémunération concernée [9]. La rémunération est de 90 % du traitement indiciaire brut pendant 3 mois, puis 50 % pendant 9 mois ; un jour de carence non rémunéré s’applique à chaque arrêt [9]. Ce jour de carence ne s’applique pas dans certains cas, dont le décès d’un enfant de moins de 25 ans [10].

Si l’agent tombe malade pendant ses congés annuels, l’arrêt de travail annule les congés concernés, qui sont reportés sur 15 mois dans la limite de 4 semaines [11]. Cette page ne détaille pas la situation des agents contractuels : la fiche de Service-Public dédiée et le service des ressources humaines sont à consulter. Les autorisations d’absence pour décès dans la fonction publique sont présentées dans congé pour décès.

Indépendants

Un travailleur indépendant dispose lui aussi de 48 heures pour transmettre l’avis d’arrêt, à sa caisse d’assurance maladie. Les IJ sont accessibles sous conditions de revenus et de durée d’affiliation ; la page d’Ameli consultée ne précise pas les seuils, mais indique que l’arrêt est indemnisé sans délai de carence en cas de décès d’un enfant ou d’une personne à charge de moins de 25 ans [4]. Pour les montants, le plus sûr est de se reporter aux pages d’Ameli consacrées aux indépendants ou d’appeler la caisse.

Reprendre : visite de reprise, rendez-vous de liaison, aménagements

Ce qui suit ne concerne que les personnes qui ont été en arrêt de travail. Sans arrêt, le retour se fait à la date convenue avec l’employeur.

Quand la visite de reprise a-t-elle lieu ?

D’après le Code du travail numérique (fiche Service-Public mise à jour le 31 août 2026), la visite de reprise n’est pas systématique. Elle est obligatoire après un arrêt d’au moins 60 jours pour une maladie ou un accident d’origine non professionnelle, d’au moins 30 jours pour un accident du travail, et quelle que soit la durée pour une maladie professionnelle ou un congé de maternité [5]. L’employeur la demande au service de santé au travail, et elle a lieu dans les 8 jours calendaires suivant la reprise [5]. Pour un arrêt non professionnel de moins de 60 jours, la visite n’est pas requise ; le contrat reprend à la date de fin de l’arrêt [6].

Pour les arrêts délivrés depuis le 15 juin 2026, la visite peut être évitée si deux conditions sont réunies : une visite de pré-reprise a eu lieu dans les 30 jours précédant la reprise, et le médecin du travail a conclu qu’aucun aménagement n’était nécessaire. Le salarié, l’employeur ou le médecin peuvent malgré tout la demander [5].

Visite de pré-reprise et rendez-vous de liaison

Pour un arrêt de plus de 30 jours, la visite de pré-reprise peut être demandée par le salarié, son médecin traitant, le médecin conseil ou le médecin du travail ; ce dernier peut recommander des aménagements, un reclassement ou une formation [5]. Le rendez-vous de liaison, lui, est facultatif : le salarié ou l’employeur peut le proposer lorsque l’arrêt dépasse 30 jours, en comptant les arrêts cumulés. Il peut se tenir par téléphone ou en visio, ne remplace pas les visites médicales et porte sur la prévention de la désinsertion professionnelle, la pré-reprise et l’aménagement du poste ou du temps de travail [6].

Revenir avant la fin de l’arrêt, temps partiel thérapeutique

Revenir avant la fin d’un arrêt suppose l’autorisation du médecin et l’accord de l’employeur. Il faut aussi prévenir la caisse pour que les IJ s’arrêtent : Ameli indique de le faire dans les 24 heures [2] [7]. Le temps partiel thérapeutique nécessite une prescription du médecin traitant et l’accord de l’employeur ; les IJ sont alors calculées à 50 % du salaire journalier de base, dans la limite du plafond [6].

Parler à son employeur ou à la médecine du travail

Aucune formule n’est imposée. Quelques repères pratiques, qui ne sont pas des obligations :

  1. Prévenir de la date de reprise prévue, par écrit si possible, pour garder une trace des échanges.
  2. Préciser ce qui peut être utile à l’équipe sans entrer dans le détail : disponibilité réduite, dossiers à transmettre, personne à qui s’adresser.
  3. Demander un point avec le responsable ou les ressources humaines à la reprise, pour convenir du rythme des premières semaines.
  4. Proposer des aménagements concrets et temporaires (horaires, répartition des tâches, jours de télétravail s’ils existent dans l’entreprise). Le droit à un aménagement n’est pas automatique : il se discute avec l’employeur et, après un arrêt, avec le médecin du travail, qui peut les recommander [5] [6].
  5. Garder les documents : acte de décès remis pour le congé, avis d’arrêt, attestation de salaire.

Un écrit simple, adapté à votre situation, peut suffire : « Je reprends mon poste le [date]. Pourrions-nous faire un point pendant la première semaine, afin de convenir de la répartition de mes dossiers ? » Pour prévenir les organismes concernés par le décès (employeur du défunt, caisses, banque), voir qui prévenir après un décès. Côté employeur, la page décès d’un salarié présente la façon d’accompagner une équipe.

Soutien psychologique : Mon soutien psy

Ameli présente le dispositif « Mon soutien psy » pour une souffrance psychique d’intensité légère à modérée, à partir de 3 ans. On peut y accéder directement en prenant rendez-vous avec un psychologue partenaire, ou via son médecin traitant. Il permet jusqu’à 12 séances par an (un entretien d’évaluation puis 11 séances au plus), à 50 € la séance ; l’Assurance maladie prend en charge 60 %, le reste pouvant être couvert par une complémentaire santé [12]. Les personnes qui nécessitent d’emblée un avis psychiatrique, notamment en cas de risque suicidaire, n’en relèvent pas [12].

D’autres ressources d’écoute figurent dans le deuil : repères et ressources. En cas d’idées de mort, le 3114 répond 24 h/24 ; en cas de danger immédiat, le 15 ou le 112.

Questions fréquentes

Combien de temps après un décès faut-il reprendre le travail ?

Aucun texte consulté ne fixe de délai. Après les jours de congé légaux, la reprise se décide avec l’employeur ; si votre état de santé pose question, c’est un médecin qui peut apprécier la nécessité d’un arrêt.

L’employeur peut-il refuser que je pose des congés supplémentaires ?

Oui : selon Service-Public, le salarié indique les dates souhaitées et l’employeur peut refuser, auquel cas les congés sont pris à d’autres dates [8]. Une convention collective ou un accord peut prévoir des règles plus souples.

Qui peut me prescrire un arrêt de travail ?

Un médecin ou une sage-femme, après consultation. Une prescription en téléconsultation est limitée à 3 jours, sauf exception [2]. Cette page ne dit pas dans quels cas un arrêt est justifié.

Une visite de reprise est-elle obligatoire après un arrêt de travail ?

Pas toujours. Elle l’est après un arrêt d’au moins 60 jours pour une maladie non professionnelle, d’au moins 30 jours pour un accident du travail, et quelle que soit la durée en cas de maladie professionnelle [5]. En dessous de 60 jours pour un arrêt non professionnel, elle n’est pas requise [6].

Que se passe-t-il si j’envoie l’avis d’arrêt trop tard ?

Ameli indique qu’un premier retard donne lieu à un courrier de rappel ; un second peut entraîner une réduction importante des indemnités, et aucune indemnité n’est versée si l’avis n’est pas envoyé avant la fin de l’arrêt [2].

Existe-t-il un remboursement des séances chez un psychologue ?

Le dispositif « Mon soutien psy » prend en charge 60 % du prix des séances (50 € chacune), pour une souffrance légère à modérée, jusqu’à 12 séances par an [12]. Les conditions peuvent évoluer : vérifier sur ameli.fr.

Que faire ensuite ?

Sources

  1. Service Public — Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié (vérifié le 1er juin 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F3053 — consulté le 23/10/2026.
  2. Ameli — Arrêt maladie : les démarches du salarié (page du 5 août 2026) — https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/arret-travail-maladie/arret-travail-maladie-salarie — consulté le 23/10/2026.
  3. Ameli — Indemnités journalières en cas d’arrêt maladie : conditions et montant (mis à jour le 1er septembre 2026) — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/indemnites-journalieres/arret-maladie — consulté le 23/10/2026.
  4. Ameli — Arrêt maladie : les démarches du travailleur indépendant (mis à jour le 19 octobre 2026) — https://www.ameli.fr/assure/droits-demarches/maladie-accident-hospitalisation/arret-travail-maladie/arret-travail-maladie-independants — consulté le 23/10/2026.
  5. Code du travail numérique (fiche Service-Public) — Un salarié doit-il passer une visite médicale après un arrêt de travail ? (mise à jour le 31 août 2026) — https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/un-salarie-doit-il-passer-une-visite-medicale-apres-un-arret-de-travail — consulté le 23/10/2026.
  6. Service Public — Arrêt maladie : reprise du travail du salarié (arrêts commencés à partir du 1er avril 2022) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F144 — consulté le 23/10/2026.
  7. Code du travail numérique (fiche Service-Public) — Un salarié peut-il revenir travailler avant la fin de son arrêt maladie ? — https://code.travail.gouv.fr/fiche-service-public/un-salarie-peut-il-revenir-travailler-avant-la-fin-de-son-arret-maladie — consulté le 23/10/2026.
  8. Service Public — Congés payés : dates de congés (vérifié le 30 avril 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F2258 — consulté le 23/10/2026.
  9. Service Public — Congé de maladie du fonctionnaire (vérifié le 1er septembre 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F490 — consulté le 23/10/2026.
  10. Service Public — Le jour de carence pour maladie existe-t-il encore ? (vérifié le 3 août 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F13861 — consulté le 23/10/2026.
  11. Service Public — Arrêt maladie pendant les congés annuels d’un agent public (vérifié le 13 août 2026) — https://www.service-public.gouv.fr/particuliers/vosdroits/F11016 — consulté le 23/10/2026.
  12. Ameli — Remboursement de séances chez le psychologue : Mon soutien psy (mis à jour le 16 septembre 2026) — https://www.ameli.fr/assure/remboursements/rembourse/remboursement-seance-psychologue-mon-soutien-psy — consulté le 23/10/2026.